19 juillet, 2009

CC: Lisandro Mesa - Cumbia p'a Oriente

Hola. Cette seconde version de cedula cumbiambera s’est fait un peu attendre. Mais finalement, je tiens le rythme (ouais bon c’est que la deuxième…) mais ici, c’est pas encore la fin de la deuxième semaine.

Alors voilà, j’ai eu beaucoup de problèmes pour trouver LA deuxième. J’ai déjà la troisième, la numero tres, mais la deux c’était difficile. Je reconnais qu’elle est un peu moins rare que la première, mais je me devais de rendre hommage à Lisandro Mesa. Je lisais l’autre jour sur un blog (Soul cocina, je crois) qu’il y a toute une ribambelle de titres qui évoquent l’orient dans la musique tropicale. Cette cumbia en fait partie.

18 juillet, 2009

Mes voisines m'espionnent ! (el Dirigible teatro dans la place)

Après une rude journée de travail, monter cinq étages à 1500 mètres d’altitude (altitude de Medellin), c’est toujours un peu de sport. Garder le sourire quand on trouve deux voisines devant sa porte, qui, apparemment, écoutent ce qui se passe à l’intérieur (chez moi quoi), c’est aussi un exercice… Il faut dire qu’elle fait du bruit la compagnie du Théâtre du Dirigible ! Tellement que les voisines pensaient que je me disputais avec ma femme… Je mis rapidement fin à leur commérage en leur expliquant : « ma collocataire est actrice, je mets mon salon à la disposition de la compagnie pour qu’ils répètent quand ils n’ont pas d’autre endroit », enchaînant aussitôt, guidé par mon instinct de gentleman et sans trop y croire « mais si cela vous dérange j’y mets court rapidement ». Les paisas (les colombien-ne-s de la province d'Antioquia) aiment le théâtre, vu toute l’activité qu’il génère ici, et mes voisines, en bonnes paisas, aussi…

Mais elles avaient encore quelques questions… « et ces chants religieux ? ». Sous la direction de Nidia Bejarano, le Dirigible a pris le livre de Job de la Sainte Bible, et on fait une dramaturgie collective sur le thème du jugement. De là est sorti une comédie musicale qui inclut de la danse, des éléments plastiques, littéraires avec lesquels le groupe amène divertissement et réflexion. Forcément comme il s’agit d’une histoire dans un couvent, ou les sœurs sont funkys et monstrueuses, sexy et tordues, il y a des chants religieux. Mes voisines ont vite compris, mais je n’ai pas réussi à étancher leur soif.

Alors je leur ai raconté que personnellement, je ne suis pas un fou de théâtre, mais lorsque j’ai vu De Cristos y Enojos, à Entrerios, un petit bled perdu dans les montagnes d'Antioquia, j’ai vraiment passé un bon moment, jusqu’à transpirer de rire ! À 2500 mètres, il faut le faire !! Sans hésiter, je leur ai conseillé de ne pas rater leur prochaine représentation :

Les 30, 31 juillet et le 1er aout au Théâtre Matacandelas de Medellin.

Diseño de l'affiche: taller Rodriguez / Bustamante / Canalh

07 juillet, 2009

CC: Antún Castro - Cumbia de mi tierra


Hermanos, hermanas cumbiaberos, pour l'anniversaire de mes un an y pico ici, je lance une chronique: "Cédula cumbiabera" (CC) où je vous partagerai de bonnes vieilles cumbias issues des marchés aux puces les plus poussiéreux (et enfumés) de Medellin. 

On commence avec, celle là, dont le titre ô combien original me rappellera sans difficulté aussi bien l'Occitanie, qu'Antioquia, que les îles Shetland ou le Shandong. Euh...non pas le Honduras, non. "Cumbia de mi tierra" issue de l'album Traigo de todo un poco. "Desde Quito hasta Turbo, en toda la rivera del Atratoooo, cumbia del Chocó, cumbia chocoana pour Brigitte !



Pour cette première édition, spéciale dédicace à tous les animateurs des radios campus, tous les énervés du mulot et du diamant, et en particulier dédicace à Catemaco, émission de Radio campus Toulouse coupable de mon cancer de la cumbia et peut être même de ma présence ici à Medallo...

À Medellín, un espace de liberté dans un pays en guerre

En ce moment à Medellin, c'est le XIX ème Festival International de poésie (du 4 au 11 juillet), intitulé cette année "El canto de todo el amor del mundo". Bon, à cause de la fatigue du boulot, je n'ai pas spécialement le temps d'y participer. Mais vendredi...


Ce n’est pas un vendredi comme les autres. Le soir tombe sur la ville, mais les cafés et les discothèques sont désertés par leur clientèle habituelle. Il se passe quelque chose, quelque chose qui détourne les gens de leur routine. Il ne s’agit pas d’un trou noir absorbant la lumière et la vie dans la nuit qui commence, mais d’une force qui engendre la gravité, une force dont le foyer central n’est autre que la parole. Des milliers de personnes se dirigent vers le théâtre en plein air situé sur le mont Nutibara. Elles ne vont pas assister à un concert de rock ou écouter le prédicateur à la mode venu de l’au-delà ou du Brésil ; elles se rendent à la soirée d’inauguration du XIVe Festival international de poésie de Medellín, en Colombie.

Certains écrivains, poètes et critiques littéraires s’accordent à dire que la poésie n’est pas pour les masses. Or, à Medellín, des milliers de personnes assistent aux lectures de poésie. Comment expliquez-vous ce phénomène ? 

FERNANDO RENDÓN, Directeur du festival: Certains des écrivains, poètes et critiques auxquels vous faites allusion, que je connais, disent aussi que dans leur propre pays la poésie n’a peut-être pas d’importance. A l’origine, la poésie était faite par tous et pour tous. Le poète sevoulait anonyme, et le poème, comme l’Iliade, se transmettait de génération en génération, oralement, se déposant ainsi dans les mémoires. Affirmer que la poésie n’est pas pour les masses revient à dire que la liberté, la vie ou l’amour ne sont pas pour le peuple. A une époque comme celle que nous vivons aujourd’hui en Colombie, ces temps de guerre sale, d’intolérance, de remise en cause des libertés politiques et des droits des citoyens, la poésie s’adresse à la multitude. Elle renforce dans les faits la liberté de réunion et d’expression ; elle contribue à unifier le peuple dans la recherche de la liberté, dans un désir d’élévation spirituelle, dans l’aspiration active à la vérité, à la dignité et à la beauté. Il y en a qui pensent que la poésie ne se trouve que dans les livres, parce qu’ils acceptent que la connaissance ne soit à la portée que d’une minorité de gens. J’ai assisté à Paris à des lectures de poèmes devant un public de cinquante personnes. Elles ont beaucoup de succès. Mais les masses (composées d’individus pensants, dont le nombre ne cesse de grandir) ne s’y sentaient pas invitées. A Medellín, nous avons distribué 80 000 programmes au public du festival. Nous avons invité le peuple. Et ces gens sont transformés par les lectures de poèmes – qui peut le nier ? –, par le contact avec beaucoup des grands poètes de notre temps, qui écrivent et lisent leurs textes à voix haute, sans craindre les foules. 

Extraits de l'article paru en français dans Courrier International, Propos recueillis par Darío Sánchez Carballo, texte intégral en espagnol sur Babab.com. On remarquera le choix de courrier International de mettre absolument "guerre" dans le titre...

05 juillet, 2009

Bibliographie non-exhaustive avant un séjour en Colombie


Mon séjour ne se limite jamais à l’entrée et la sortie sur le territoire convoité pour mes nuits répétées. Avant et après chaque voyage, chaque séjour, je voyage déjà, je séjourne déjà. Ma vie était déjà secouée à chaque enjambée de mon père, à chaque tour de pédale de ma mère. Rien a changé. Avant un séjour, je me secoue, je file dans une bibliothèque de quartier, une librairie (Ombres Blanches à Toulouse de préférence...). Avant un séjour, je pars en voyage et de retour d’un pays, je continue d’y séjourner. 

Comment ?

Les livres et la musique…

Alors..., voilà ! Une petite bibliographie non-exhaustive conseillée pour la Colombie :

1. SAFFRAY Charles, 1990 : Voyage à la Nouvelle Grenade, un voyageur français découvre le monde indien 1869-1870, Phébus. (Préface de Alvaro Mutis)

2. DROUHAUD Pascal, 2008 : FARC, confessions d’un guérillero, Choiseul

3. MEUNIER Jacques, 2001 : Les gamins de Bogota, Petite Bibliothèque Payot / Voyageur. (paru en 1977 aux Éditions Jean Claude Lattès)

4. NICHOLL Charles, 1994 : Colombie Cocaïne, Payot voyageurs (1985, by Charles Nicholl sous le titre original « the fruit palace » chez William Heinemann Ltd., Londres)

5. complétez s’il vous plait, dans les commentaires !!

04 juillet, 2009

Mashup /1: Dj Canalh - Bajofondo Tango Club (Alexkid remix) Vs Damian Marley

A Toulouse, j'ai eu tous types de logements. J'ai même habité le bas-fond (Bajofondo). Ce Mashup vient d'une cave humide et sombre. Ambiance tanguera de loin, electronica downtempo ragga tout chaud. Made in Toulouse, mais desde Medallo pour mes amis et mes potos: retouches minimales. C'est l'époque et le rythme qui veut ça.

29 juin, 2009

Alex Smoke - incommunicado (2005)

Demain, je tomberai de sommeil, à force d’écouter Alex Smoke, en travaillant. Il y a peu de temps, je suis tombé sur T. Lobini, un vieil ami du lycée grâce à Facebook. Et finalement, je retombe toujours dans mes travers, la fuite en avant…

Mais tu me diras quel rapport entre un copain de lycée, un un formidable Dj écossais et.. et mes travers ?

Alex Smoke est le genre d’artiste obscur que j’aime mettre dans ma sono. Incommunicado, c’est mon album pour bosser, et je devrais être en train de bosser, au lieu de cela j’écris un billet. Au lycée aussi j’aurais dû être en train de bosser au lieu de cela je faisais tout de travers. Et j’ai bien fait ! Mais qu’est ce que j’ai pu fumer avec T. Lobini, et qu’est ce que le rythme du pauvre lycéen français est lourd Marie Jeanne. C’est ce rythme inhumain qui fera que les britanniques seront toujours meilleurs que nous en musique. Je me souviens quand je donnais des cours de FLE dans les îles Shetland en Écosse en 2003… Chaque jour ou presque sur une île différente de l’archipel : Whalsay, Bressay…. Parfois des élèves sortaient de mon cours, ou du cours de mathématiques en disant « le prof de violon est là, j’y vais…» et cela en toute légalité ! Toujours les salles de musique étaient ouvertes et disponibles pendant les pauses. 
Au lycée en France, on pète souvent les plombs, conséquence directe de l’échec de communication entre les jeunes et les institutions. C’est pour cela qu’on fumait. Smoke Alex lui, dans son Glasgow natal, allait tranquille dans sa salle de musique et bossait sur sa musique classique (ses deux parents son musicien du genre). Mais incommunicado, un album d’électro-techno minimale est tout sauf un échec de communication classique. Le rythme libre de la musique d’Alex Smoke, les ambiances planantes et progressives, le soin donné à l’orchestration (on sent les heures passées sur la musique pendant les pauses) se scotche dans ma tête et me procure un rythme de travail éfficace et joyeux. Je comprends tout de suite qu’il faut que je travaille  et je laisse de côté (un petit moment) le pire de mes travers : la fuite en avant… 

Un peu plus sur Alex Smoke: par ici
Un peu moins dans tes poches : Achète-le

21 juin, 2009

Fiesta de la Musica, Medellin 2009 - Furruska


Wueeeeno, les amis, cela faisait longtemps que j'attendais ce moment ! Un bon concert de rock, de punk ou de ska, bref, tout ce qui se prête à danser le pogo. C'est pas que je n'aime pas la salsa, le tibiri et l'eslabon, la cumbia et le pregon, mais je n'avais pas encore vécu de bon concert de ska à Medellin et pour tout dire, mes rotules commençaient à rouiller.

Mais voilà la Fête de la Musique de Medellin, la plus grande d'Amérique du sud, possible grâce aux financements de grandes entreprises (EPM, Exito, Noël, Gef, Argos, etc), de la collaboration de la Mairie et de l'Alliance Française, possible grâce à la sueur des professeurs de FLE aussi et aux bourses des étudiants allégées, la fête de la Musique donc, m'a offert un super concert de SKA ! 

Au départ, j'étais gentiment assis à côté de ma brune, à siroter une club colombia en riant tout en écoutant de la Champeta, puis du Reggae. Mais quand Furruska (myspace du groupe) est arrivé, je n'ai plu ri, je n'ai pu d'abord que me lever, chatouillé par les mélodies. J'ai dû ensuite à regret laisser L. toute seule, physiquement hypnotisé par la chaleur du son de Furruska et par la force centrifuge du pogo ! Je dis "force centrifuge" parce qu'il y avait un grand mouvement circulaire devant moi. Ben il y a quelqu'un qui peut m'expliquer pourquoi on danse le pogo en tournant ici ? Une petite centaines de furieux animant un pogo qui tourne sur lui même ! J'ai été élevé aux Béru, Ludwig von 88, Clash et autres bonnes pointures, mais je n'avais jamais vu cela !! Je dois dire que c'était vraiment sympa, on a l'impression d'être un peu moins seul puisqu'on tourne tous en rond et puis... il y a une je-ne-sais-quoi de sensation d'être un iroquois aux cheveux verts, sauf qu'on est pas entré dans un cimetière mais sur la Place San Antonio de Medellin. 

  J'ai dansé comme un cabourg en faisant de petits aller-retour pour voir L. Mais comme j'avais oublié de manger à midi et le soir, quand je suis sorti du pogo, j'ai dû aller m'assoir, malaises vagaux et hypoglycémie obligent. Sur le parapet, assis à côté d'un autre pogoteur rétamé, "el osso",  qui en bon paisa, me troque sa casquette américaine contra la mienne, je pensais déjà au prochain, peut être lors du festival de rock de Medellin, Altavoz.

11 juin, 2009

Afrosound


Années 70. Du Pérou et de Bolivie déferle un genre musical qui fait fureur mariant la cumbia interprété par des guitares avec les sonorités andines. Ce genre est la pierre d’angle d’Afrosound, la raison de sa création. Don José Maria Fuentes vit la possibilité commerciale de créer un groupe colombien qui porterait ce nouveau genre. Pour cela, il réunit des musiciens illustres et créa Afrosound. Leur première production d’Afrosound est « La danza de los mirlos » en 1973. Avec la Danza de los Mirlos, c’est une nouvelle forme de regarder la musique qui naît en Amérique du sud. 

Le premier enregistrement comportait: Mariano Sepúlveda à la guitare, au piano il y avait Hernán Gutiérrez, aux congas Fernando Villegas; Rafael Benítez aux timbales, Jesús Villegas interpretait le king of the bongos et Rafico Restrepo le güiro. Il enregistrèrent un premier instrumental avec les animations de Wilson Manyoma «Saoco», sous la direction et les arrangements musicaux de Julio Ernesto Estrada.

En plus de leur philosophie initiale, le groupe s’est toujours préoccupé des attentes de son public pour lequel ils dévièrent de leur cheminement musical pépère et commencèrent à mettre des chanteurs solos qui leur amenèrent de grands succès. 

Dans les années 70 Jaime Ley rentra en scène interprétant « El eco » et « el carretero » succès qui marquèrent une nouvelle étape dans la production discographique de Afrosound. Plus tard en 80 Juan Carlos Coronel, le chanteur de Patacón pisao, debuta avec le thème « Salomé »; suivit May González, chanteur qui se lança avec l’oeuvre de Ramón Callejas. Il y eut aussi ce duo : Jorge Juan Mejía avec La negra Tomasa, et d’autres dont les voix firent l’histoire d’Afrosound comme Mónica Guzmán avec « Adiós, adiós corazón ».

Afrosound se risqua à expérimenter de nouvelles formes d’interprétation depuis le début, comme quand ils enregistrèrent Caliventura thème où ils mirent des pointes de rock avec la force d’un son bien tropical et des sonorités électroniques qui firent grand effet.

Ce son avait beaucoup à voir avec les tendances d’alors : le son traditionnel perdait du terrain alors que la technologie envahissait tous les fronts musicaux. Mais Afosound réussit à ne pas perdre l’essence musicale traditionnelle en lui donnant un air exotique remarqué par le public. 

Afrosound, comme nom, décrit cette tendance musicale : afro pour les tambours et sound pour le son. Pour ses créateurs, don José María Fuentes, Fruko, Javier García et les autres, c’était important qu’Afrosound ait une authenticité quant à sa manière de concevoir la musique en plus de leurs racines étrangères. 

Afrosound, c’est tout un monde musical pour danser et profiter d’un concept qui a survécu les âges. Manu Chao ne s’est pas trompé en samplant « La danza de los Mirlos » dans « Malegria » sur son premier album solo « Clandestino ». « La danza de los Mirlos » que nous vous offriront plus tard sur Radiocanalh…

09 juin, 2009

Hermanos Carrion - La tierra del sucu sucu...

Ecuador. L’Equateur. C’était mon premier grand voyage ! C’était ma première grande découverte kitsch. Marcelo m’avait ramené cette cassette d’un bus qu’il avait pris pour arriver à Crucita, dans la Province de Manabi (petit village à éviter sauf pour passer des vacances en famille ou faire du parapente). En entendant le groupe, il avait pensé à moi et avait demandé sur le champ la cassette au chauffeur. En revenant avant la tombée de la nuit, Marcelo mis la cassette des Hermanos Carrion (de Santo Domingo de los Colorados je crois) dans le poste. 

Moi j’aimais bien le style technocumbia, étant au début de ma période cumbia.  Il y avait un je ne sais quoi qui tapait. En plus toute la famille équatorienne était morte de rire, sans que je sache pourquoi. En effet, les Hermanos Carrion chantent des piropos notre équivalent des "chansons paillardes". Aujourd’hui mon niveau d’espagnol passé de A2 à C1, je comprends mieux… Musicalement c'est le charme kitsch. Au niveau des paroles, ils déchirent ! 

07 juin, 2009

Delirio: Circo + salsa + Orquesta en vivo !


Delirio c’est sérieux. C’est pour tous ceux qui prennent l’art au sérieux. Deliro c’est une sauce: orchestre + danse + cirque = salsa. Un spectacle étonnant, qui allie hommage musical et ôde à la modernité et à la fusion. Le spectacle, dans sa version 2009, intègre la Compania Artistica Rucafé, La Fundacion Nueva Dimension, la Orquesta Cali Latino, la Fudacion Constelacion Latina et la Fundacion Circo para todos. Recommandé ! Cette ribambelle d’artistes a tourné en Europe en 2008 et le spectacle “hecho en Cali” s’est présenté à Medellin hier soir au Teatro Metropolitano José Gutierrez Gomez où je me suis caché lorsque les danseurs sont venus chercher des personnes pour danser dans le public entousiaste. C’est pas que je ne sais pas danser, mais quand même, j’ai pas envie que les paisas délirent en me voyant tricoter des jambes ! Il faut, paraît-il aller les voir à Cali où ils jouent sous un vrai chapiteau et où, la fin du spectacle se transforme tout simplement en fête. Et pour ceux qui n’ont pas de partenaire, les artistes prètent des poupées de chiffon grandeur nature ! Divertissement garanti.

04 juin, 2009

Canelason - Pouvoir d'achat


Tu veux augmenter ton pouvoir d'achat ? Ainsi commence la chanson de Canelason qui critique et fait une brève analyse de la gestion sempiternelle et actuelle de la crise économique. "j'ai fait des études mais je suis payé à la louche" me ramène une année en arrière quand j'essayais de pas m´noyer à Toulouse. "fauché dans un pays riche" mon quotidien à Paris, me donne souvent envie de rester à Medellín...

Canelason est un groupe de rap français. L’aventure de Canelason commence fin 2006. Après deux années d’investissement au sein du collectif APASH dont ils sont les investigateurs, et des collaborations artistiques remarquées aux cotés de Kery James (Mafia K1 Fry), Tunisiano (Sniper), Nikkfurie (La Caution) ou encore Lyricson et Specta (Saian Supa Crew), In-K et Kahifa ont lancé en duo le projet Canelason. (source Ramdam)

Un peu avant de nous livrer leur premier album, le groupe Canelason offre aux internautes et à ceux qui les suivent une mix-tape de leurs titres ( Audiolien Mediafire ), liants inédits, featurings, extraits de l’album à venir… Et c'est en francais et en espagnol, c'est cool.

31 mai, 2009

Ich und "Blogger DMCA takedown notification"

I receive that thing the other day. I guess I had to put more comercial links and make an hypocrit advise to the bloggers like "the music on this blog is for promotionnal use only". I just tried to promote and share out of the tracks quality music. The kind of stuff you'll listen in a indepedent radio or on the Hi-Fi from you best friends coming back from some remote country ! 

I'l just try to focuse more on writing some short stories of my colombian happy life here in Medellin and will keep publishing musical post, but without downoad links. Just contact me if you need some...

Well, can't deny some huge anger. Need an anger management: they just deleted 30 posts, 30 posts putain !! (in occitan in the text) of all kind of music including rare stuff you can't buy anywhere... the music of "bombas del Chota", "el reggaeton ceibeno" de Honduras, la Marimba de Tierra Caliente a very talentfull band from Ecuador, some rare colombian cumbias, and Fast Forward, a hardcore hip hop group from Germany with "Ich un Mc Bibabutz". 

29 mai, 2009

Dakunt & Stinj - Candongueiro Express Mixtape


A télécharger sur Club Bass and wine la mixtape de Dakunt et Stinj, un duo de Montpellier/Rennes producteurs remixeurs qui sortent cette mixtape de Kuduro, sympa, avec notamment ce titre: Amadou et Mariam - Sabalé (Dakunt kuduro mix) qui dépote.

18 mai, 2009

Systema Solar - verbenautica

Hola Cumbiaber-o-a-s, aujourd'hui je vous laisse avec cet excellent album de Systema Solar, collectif international de musiciens, DJ, VJ qui mélange les musiques traditionnelles de Colombie avec la musique électronique et un message puissant et poétique. La cumbia tient une petite place appréciable sur l'album entre autres... La vidéo ci dessous présente assez bien le groupe et donne une idée de ce qu'ils peuvent faire en concert (ici à Medellin). Bouléguez !

12 mai, 2009

16 cumbias con Los Warahuaco


1. El pescador de Baru
2. Enamorando
3. El cuartetazo
4. He nacido para amarte
5. Atrevete a mirarme de frente
6. cumbia solitaria
7. Un sombrero de paja
8. El piraguero
9. El canoero
10. Cumbia bendita
11. La arania de martica
12. Quiero un sombrero
13. La cumbia se desvela
14. Aquellos primeros besos
15. Tu me hiciste vivir
16. La cancion de mi abuelo

Audiolien (canta Hernan Rojas)

09 mai, 2009

Les voyages du vent - Ciro Guerra


On m'avait dit d'aller le voir pour les paysages, la photographie. Saul je crois... "c'est l'histoire d'un accordéon et alors... tu vois toutes les régions du nord de la Colombie". Pas emballant comme description, mais Saul avait prononcé deux mots décisifs, "accordéon" et "Colombie" le pays que j'habite et que j'aspire à connaître mieux. Des paysages, des beaux, des magnifiques j'ai eu la chance d'en voir beaucoup. Beaucoup plus que des bons films. Beaucoup plus que de films colombiens sélectionnés au Festival de Cannes (2009) dans la catégorie "un autre regard". Los viajes del viento (les voyages du vent), est un film saisissant. Ciro Guerra nous livre à nouveau, comme il l'avait fait avec "la sombra del caminante" (l'ombre de Bogota) un film sensible, original et rempli d'identité. Un bon film colombien. 

Qu'est ce qu'un bon film colombien en 2009 ? C'est exactement le genre de questions intellectuelles que je laisse aux autres. Aux passionés de cinéma, aux super cultivés de la toile. Los viajes del viento présente un scénario apparemment dégarni, épuré. C'est un road movie, sauf qu'il n'y a pas de route, mais des chemins, des champs, des grands espaces époustouflants. C'est un road movie sauf qu'il n'y a pas de voitures (allez, les 3 vieux tacots des marimberos...ok) mais une mule. c'est donc un film lent, qui prend son temps, loin des ryhtmes stréssés et syncopés de nos semaines à injection. Il y peu de dialogues, donc le film convient parfaitement à un vendredi soir après une semaine de travail chargée qui vous à haché menu le cerveau et où on ne veut, peut plus trop penser (même si j'ai récemment appris que les colombiens ne vont pas au cinéma le vendredi soir, mais le dimanche soir: le vendredi c'est rumba !). Il y a peu de musique, malgré la position centrale de l'accordéon tout au long du film. Mais la musique est de celle qui espante, de celles qui va vous tafurrer. Los viajes del viento est une bonne photographie d'un pan de la cuture colombienne. D'ailleurs, une photographie magnifique, comme me l'avait annoncé Saul, mon collègue colombien.

Les grandes absentes du film sont les colombiennes: beaucoup d'hommes apparaissent mais j'ai compté seulement 5 femmes. Je ne m'explique pas encore cela d'autant plus qu'elles sont également casi absentes de "La sombra del Caminante" où l'on retrouve d'ailleurs un binôme masculin tout au long du film. Et même sans colombiennes, Los viajes del viento remue le réservoir de rêves et de souvenirs enfouis en chacun de nous. Alors prenez votre mule et allez-y !



07 mars, 2009

A Medellin, le téléphérique ranime les quartiers pauvres


Au-dessus des faubourgs qui s'étalent à flanc de montagne, les cabines rutilantes se balancent doucement dans le ciel. Antonia Gomez, 57 ans, ferme les yeux. "Je n'ai jamais pu m'habituer au vertige, explique-t-elle. Mais je gagne 2 heures et demie de transport par jour."

A Medellin, le téléphérique n'est pas une attraction touristique, mais un moyen de transport irremplaçable. Deuxième ville de Colombie, Medellin compte 2,4 millions d'habitants. La première ligne de "Metrocable" y a été mise en service en 2003. 45 000 personnes l'utilisent régulièrement. Ses trois stations - sur plus de 400 mètres de dénivelé - desservent les quartiers déshérités du nord-est de la ville. Entrée en service en 2008, une deuxième ligne longue de 2,7 kilomètres dessert les quartiers ouest. Une troisième ligne est en construction.

Metrocable est le seul téléphérique au monde intégré au réseau du métro urbain. Mais, au-delà de la prouesse technique, l'important, c'est la "prouesse sociale" : grâce au téléphérique, les quartiers pauvres sont désenclavés. Un seul ticket permet de traverser la ville de Medellin et de partir vers les hauteurs. Antonia économise 7 000 pesos (2,3 euros) par jour. Pour une famille de quatre personnes, le gain atteint 70 euros par mois, c'est beaucoup dans un pays où le salaire minimum est de 170 euros...

Le groupe français Poma a fourni la conception, le système et les cabines ; une entreprise colombienne a construit les pylônes et les stations. En contemplant la structure de béton, de verre et d'acier qui trône au coeur du quartier Santo Domingo, une vendeuse ambulante s'extasie : "C'est beau, hein ? Et c'est pour nous, les pauvres."



"CULTURE MÉTRO"

Metrocable a bouleversé la vie et l'économie des quartiers marginaux. "Avant, les habitants parlaient de "descendre à Medellin", comme s'il s'agissait d'une autre ville, explique Ivan Dario Upegui, gérant social de l'entreprise. Metrocable contribue à en faire des citadins et des citoyens à part entière". La vendeuse de Santo Domingo renchérit : "Il y a cinq ans, la police ne mettait jamais les pieds ici. C'était trop dangereux. Mais maintenant, on est tranquilles. Regardez, une banque a même ouvert une agence." Pas un graffiti, pas un papier par terre : comme le métro, le téléphérique brille de propreté. A Medellin, on parle de "culture métro", un synonyme de civisme.

"Metrocable s'est accompagné d'un processus d'intervention publique beaucoup plus vaste", rappelle M. Upegui. La municipalité a bitumé les voies d'accès, construit des écoles et prévu des HLM. Autour des stations de la deuxième ligne, 24 000 m2 d'espaces verts sont en cours d'aménagement pour accueillir concerts et manifestations publiques. Des experts du monde entier sont venus voir Metrocable. L'exemple a plu : Caracas doit bientôt inaugurer le sien.

Marie Delcas, Article paru dans l'édition du Monde du 06.02.09, (source)

10 janvier, 2009

Naturaleza muerta



Voy por la calle con mi maletín de antílope
Y mi billetera de becerro.
Calzo zapatos de toro
Y llevo un blusón rojo teñido en achote.
Toda mi ropa fue lavada por un secreto río
Y jabones de rosa.
En mis papeles rumora un viejo bosque,
Por momentos siento que
Se despereza la serpiente del cinturón.
Hay vestigios de clorofila en mis dientes.
Escribo con carboncillos de sauce.
Me pregunto qué trozo soy del paisaje.

Extrait du recueil Luna de ciegos (Editorial Universidad de Antioquia, Medellín, 1991)


Je vais par les rues avec ma mallette en antilope
Et mon portefeuille en vachette.
Je porte des souliers en taureau
Et un blouson rouge teint au roucou.
Tous mes vêtements ont été lavés par un fleuve secret
Et des savons de rose.
Dans mes papiers une vieille forêt murmure,
Par moments je sens S’étirer le serpent de ma ceinture.
J’ai dans les dents des vestiges de chlorophylle.
J’écris avec des fusains de saule.
Je me demande quel morceau je suis du paysage.

(Traduit de l’espagnol par Olivier Ragasol)

14 décembre, 2008

DMG: Dieu, le Monde et la Gourmandise

Invité récemment à une crémaillère au poblado, des colombien-ne-s se plaignaient de leur culture de l’argent. Selon eux la Colombie, entre autres à cause de l’influence de la culture Narco-sicario, serait imprégnée d’une culture de l’argent facile libre de toute valeur morale. Tous les échelons de la société l’auraient maintenant intégrée. C’est vrai, en Colombie l’argent se voit et l’argent se montre. Lorsque je suis habillé comme un peyarotte le WE, personne ne me regarde. Mais si je sors mon costard à 80 euros de chez Celio, tout le monde me zyeute. En Colombie, je sens que l’apparence compte plus qu’ailleurs, que l’apparat a de la valeur, que l’argent n’est pas seulement le moyen pour paraître mais encore plus pour apparaître. Alors, les Colombiens ont une culture de l’argent plus développée que les autres peuples… ?

Prenons l’exemple sur lequel je tombe aujourd’hui en ouvrant le monde: Bernard Madoff, un des créateurs du NASDAQ et ex-P.D.G. de cette institution était ni plus ni moins à la tête d’une pyramide. Une pyramide ou fraude pyramidale, ou schéma de Ponzi, ou chaîne de Ponzi, ou dynamique de Ponzi, ou jeu de Ponzi, est le nom donné à un système mettant en jeu un effet boule de neige qui n’est pas viable sur le long terme.Carlos Ponzi, un arnaqueur italien qui émigra à Boston aux USA développa la « formule magique » pour gagner de l’argent. Il disait acheter en Europe des coupons postaux qui pouvaient se changer aux USA et faire ainsi un gain avec le taux de change qui lui permettait de rétribuer les mises des pigeons à 50 % en 45 jours. En réalité, Ponzi n’a jamais acheté lesdits coupons. Il rétribua les premiers investisseurs pigeons de la première ronde avec ceux des pigeons suivants. Il a historiquement donné son nom au système, un système qui fleurit aux USA dès 1920 mais aussi en Angleterre récemment, en Russie avec MMM de 1989 à 1994, et en Albanie où l’effondrement des pyramides laissa le pays au bord de l’anarchie avec 2000 morts (source Semana; traduction libre de canalh).

Alors il est vrai que les colombiens ne sont pas les derniers. Le gouvernement Uribe si fiers de ses résultats pourrait bien être balayé par le scandale des pyramides. Comme en Albanie il y a 10 ans, des émeutes ont eut lieu dans les Etats de Putumayo et Narino suite à l’effondrement de DMG (David Murcia Guzman) et DRFE (Dinero Rapido Facil y en Efectivo). Le gouvernement colombien à du aller jusqu’à insituer le couvre feu pour ramener le calme des petits épargnants furieux. Gouvernement colombien, qui toujours selon l’hebdomadaire semana, aurait du venir voir le problème et interdire les pyramides. Au contraire, une des entreprises de la nébuleuse DMG a fait un don en nature à la campagne du référendum en faveur de la réélection du président Uribe en transportant les signatures. Plus grave, DMG s’est infiltré dans de nombreuses autorités locales et jusqu’au parlement et et il a été reçu à la casa de Narino (équivalent de l’Elisée) par Cesar Mauricio Velasquez, le secrétaire de Presse. Encore plus grave, Daniel Angel, un de ses bras droits, est un proche du secraitaire général de la Présidence, Bernardo Moreno et ni plus ni moins, ami de Jeronimo Uribe, fils du président de la République (source Semana). Bref, pour changer, ça pue la momie putréfiée dans les couloirs de chez Uribe.


Alors non, les Colombiens n’ont pas une culture de l’argent plus développée que les autres peuples. Le scandale Bernard Madoff qui va toucher l’Espagne la Suisse, l'Allemagne les USA et… la France (source) le prouve : les pyramides, l’appât du gain facile, l’escroquerie ont gagné toutes les couches de la société dans tous les pays. Et en cette période de Noël, qu’ont n’aime ou pas, c’est fabuleux : tout le monde va recevoir des pyramides de cadeaux ! Plus ou moins empoisonnés.


Pour continuer la réfléxion sur l'argent:
Documentaire édifiant:l'argent dette de Paul Grignon
Dématérialiser votre liste de cadeaux de Noël: idées de cadeaux alternatifs

13 décembre, 2008

La granadilla (Passiflora ligularis)



Je ne suis pas un fan de fruits. En bon franchouillard, je préfère le fromage de brebis par exemple à n’importe quel fruit pour terminer mes repas.

Presque: en Colombie il y a la granadilla. La granadilla est un fruit incroyable qui n’a pas son pareil en Europe. Commençons par ses deux qualités antérieures à la dégustation: la granadilla est dure et a la forme d’une grenade comme le laisse deviner son nom. Et effectivement, lancée de manière agressive sur quelqu’un elle n’explose pas, mais elle peut faire mal. On préfèrera toujours faire cette blague : l’ouvrir sur la tête de son voisin (s’assurer auparavant que celui-ci a le sens de l’humour) comme nous le faisons avec les œufs durs. Ces deux qualités en font le fruit que l’on donne le plus volontiers aux enfants pour leur goûter. En effet, elle est quasi incompressible et vous avez l’assurance qu’elle arrivera entière dans le cartable du plus survolté des garnements.


Pour les plus grands…

Vous aimez les dîners chers qui commencent par des huîtres ? La granadilla en a la consistance (des huitres) mais son prix ne la destine pas obligatoirement aux bourgeois. Vous n’aimez pas manger du raisin à la fin de l’été car il faut cracher ces pépins amers à chaque nouveau grain? La granadilla est bourrée de pépins comestibles qui sont insipides et lui procurent donc un délicieux croquant à moindre écœurement. C’est un peu comme si un génie avait mis des Rice Crispies dans le meilleur fruit de la passion. Vous aimez que le jus vous dégouline entre les doigts et jusque dans le cou ? La granadilla est on ne peut plus juteuse ! Et quel jus… Pour décrire l’enchantement des papilles à la dégustation, les mots me manquent, mais on est proche de l’orgasme gustatif.

Le fruit parfait.

26 novembre, 2008

Juan José Nieto Gil


Cartagena de Indias (Carthagène des Indes) offre aux colombiens (riches) et aux touristes de tous horizons le plus beau centre ville du monde, sans hésiter et sans fausse pudeur. Toulouse, Edinburgh et même Venise peuvent aller se rhabiller. Le temps d’un week end, légèrement vêtu, je me perds dans ses rues, je me laisse voguer dans un dédale de façades colorées, je tombe sous les charmes de ses quartiers coloniaux les plus défraîchis. J’essaie de ne pas penser que cette ville est, et l’archétype de la société colombienne et l’archétype de notre société globalisée : derrière les murailles de Cartagena qui protègent un quartier riche croupissent les trois quarts des Cartageneros : des milliers de noirs, de mulâtres, de costenos, et… Juan José Nieto.


Par la promulgation de la Constitution de 1991 la Colombie, comme d’autres pays d’Amérique du Sud, Centrale ou de la Caraïbe, a reconnu le caractère multiculturel et pluriethnique de sa population. Mais comme dans d’autres pays aussi (la France ?), les noirs comme Juan José Nieto continuent d’être des victimes d’une société qui les méprise. Malgré le fait que les afrocolombiens représentent entre 4,4 millions et 10,5 millions des 44 millions d’habitants de ce pays, de nombreux noirs de Colombie sont pauvres, sont victimes du conflit armé, ont été déplacés de force, se sentent discriminés et se plaignent du racisme et de "l’invisibilisation". L’invibilisation c’est ce qui est arrivé à Juan José Nieto à Cartagena de Indias.

Je rencontre une première fois Juan José Nieto au cimetière de Manga. J’aurais pu le rencontrer à la plage, en lisant le nom de l’avenue du front de mer. J’aurais pu le rencontrer sur toutes les places, chevauchant son étalon comme Bolivar, où même dans n’importe qu’elle tienda de Getsemani en achetant El Tiempo ou El Espectador. J’aurais pu rencontrer Juan José Nieto au musée, mais je déteste les musées. J’aurais pu rencontrer Juan José Nieto à Bogota, dans une galerie de la « Banco de la República (central) » dédiée aux présidents colombiens. Mais on a exclu Juan José Nieto du décompte des présidents de Colombie et donc, de tous les programmes d’éducation. Son portrait, relégué dans un coin sombre du musée historique de Cartagena, a bénéficié des avancées de la chirurgie esthétique de l’époque : un aller-retour à Paris pour subir un processus de blanchiment… (source : El Universal 23 Nov. 2008). Au lieu de cela, je fais la connaissance de Juan José Nieto au cimetière de Manga, où il repose depuis 1866. Les plaques de marbres de son mausolée, qui s’élève vers le ciel nuageux de Cartagena, ont été déplacées…

Juan José Nieto Gil, fut Président de la Colombie du 25 janvier au 18 janvier 1861 (source: El Nuevo Herald de Miami, 12 Nov 2008). Une de ses actions principales pendant son mandat fut l’institution de l’école primaire gratuite. Comme gouverneur de Cartagena il avait déjà aboli l’esclavage. Il fut en plus l’un des premiers romanciers Colombiens. Il écrit surtout des romans historiques dont « Ingermina o la hija de Calamar (recuerdos de una conquista 1533-1537) qu’il publie en 1844 de retour de cinq années de clandestinité à Kingston, Jamaica où il se dédia à l’apprentissage de l’anglais et de la littérature. Il écrit un livre qui fit émerger le concept de régionalisme costeño : « Géographie historique statistique et locale de la Province de Cartagena ». Il réussit même à préparer un dictionnaire commercial anglais-espagnol et espagnol-anglais malheureusement disparu.

Disparu…comme son auteur.

01 novembre, 2008

Mi Medallo: Medellin 1er partie




Alors voilà. Voilà plus d'un an que je n'ai rien publié sur ce blog et 6 mois que je suis en Colombie. Medellin pourrait être la meilleure ville du monde comme l'affirment les 3,5 millions de « Paisas » (les habitants d’Antioquia) qui y vivent, à quelques détails près.


Si elle n'était pas aussi polluée par exemple (la moitié des enfants de moins de 5 ans souffrent de maladies respiratoires selon un groupe d’investigation composé de l’Université CES / Université Medellin et des ingénieurs Carlos Echeverri et Gabriel Maya [1]). Paradoxalement, Medellin est une ville verte. Les pentes des Andes la coiffent de prairies et de forêt primaire et des centaines de milliers d'arbres poussent dans ses rues, autant de touffes, autant de poumons. Tellement que quelquefois, on ne sait plus si l’on marche sur un trottoir dans la forêt, ou sous un arbre dans la ville. Combien de fois je me suis enthousiasmé parce qu’une branche de palmier commun entravait ma progression ! Quelques gouttes qui, depuis le dernier « aguasero » (grosse averse) attendaient la réalisation de leur destin, le moment propice pour mouiller le passant apportent un peu de fraîcheur. L’espace d’un instant, on retrouve la chaleur du contact végétal et on flirte avec la nature avant d’entrer dans la rigueur calculée des rayons du Carrefour ou de l’Exito où je vais acheter mes arepas.



Medellin a la couleur de Toulouse mais elle la dépasse en étendue. C’est un peu comme si on collait Toulouse dans une large vallée des Pyrénées et qu’on transplantait la forêt d’Iraty dans tous les espaces laissés libres par le béton et les immeubles. Medellin n'a pas de Garonne, mais le torrent marron qui la traverse, le Rio Medellin, malgré les effort d’EPM pour l’assainir, doit être au moins aussi pollué que sa grande cousine occitane vu que Medellin, deuxième capitale industrielle du pays lui offre ses eaux usées violettes, roses et mêmes vertes.



Medellin n’est plus cette « capitale du cadavre » que tout le monde connaît mais que personne ne veut visiter. Cette mauvaise réputation qu’a Medellin est injustifiée. Malheureusement, les médias traditionnels du monde entier, si prompt à véhiculer le sordide, le morbide, le scabreux, ne mettent pas autant d’ardeur à diffuser les initiatives positives. Et Medellin traîne sa réputation comme un lourd boulet rouge sang. Pourtant, grâce à un savant urbanisme social développé par l’ancien maire, Sergio Fajardo, depuis 2004 et poursuivi jusqu’ici, Medellin a soigné ses cicatrices les plus béantes. Les quartiers les plus pauvres, les « comunas » sont devenus plus paisibles. Les plus violentes d’entre elles ont bénéficiés des plus belles réalisations de la ville : des bibliothèques modernes (la Biblioteca España, celle de San Javier), des parcs, des téléphériques (metrocable) pour les relier plus rapidement au centre ville, des ponts, etc. La Mairie s’est engagé en parallèle dans un long processus de récupération de l’espace public et de développement de la culture et de l’éducation.

Mais pour moi, Medellin est divisée en deux. Je reconnais que c’est une division un peu simpliste, néanmoins bien réelle. Il y a deux villes dans Medellin. Medellin, la vraie, et « el Poblado » (littéralement, le peuplé) qui porte bien mal son nom vu qu’à la nuit tombée, un mort vivant y prendrait peur et jamais ne s’y aventurerait tant les rues y sont vides. Je l’appelle « le zoo » pour embêter quelques amis qui y vivent. En effet, El Poblado est un amas de tours d’immeubles (type banlieues nord parisiennes) entourées de murs et de fils barbelés. Au Poblado c’est peuplé de blocs, de 4x4, de centre commerciaux, de grandes banques, d’allées proprettes, de poupées siliconées, de gardes surarmés, mais il n’y a pas de vie.

Au contraire Medellin est une ville pleine de vie. Et j’ai deux ans pour vous le prouver.

[1] Vivir en El Poblado, primera quincena de julio 2008 ; edicion 370

23 juin, 2008

Pete Rodriguez - I like it like that


Au début des années 60, au milieu de ce qui allait devenir la préhistoire de la salsa, les états uniens, étourdis par le boom des rythmes qui rendaient fous la jeunesse collaient le nom de twist sur tout et n’importe quoi. A ce moment là, la musique latine était en pleine crise. De nouvelles tendance apparaissaient et faisaient fureur comme le son des Beatles, du twist et du rhythm'n'blues, ainsi que la soul commerciale relancée par Motown. Le swing des grands groupes latins apparus dépassés par rapport aux jeunes latinos de New York.

 

C’est à New York que musique latine, twist et rythm'n'blues ont fusionnés pour produire le boogaloo, représenté par le tube de Pete Rodríguez "I like it like that". À partir de ce moment, un grand nombre de petits groupes créa la fièvre boogaloo avec des variations comme le shing a ling et l'afroloo, qui mena la musique latine jusqu'au début des années 70, quand il a passa le pouvoir à la salsa, pour qui il avait frayé le passage.

 

Sorti en 1967, sur le label Alegre, cet album a la particularité de « confusionner » quelque peu ! Tout d'abord Pete Rodriguez est un pianiste ! ! Et non pas un chanteur  Ensuite, si cet album porte le titre d'un boogaloo très célèbre et plusieurs fois repris, il ne faut pas y prêter trop attention, car si une moitié des titres présentés sont des boogaloos (« I like it like that », « Micaela » et « Soy el Rey »), l'autre nous fait tout de même découvrir des descargas (« El Hueso », « Pete's madness » et « 3 and I »), et il reste un dernier morceau, une salsa, très (« Si quieres bailar »). On remarquera la présence de Tony Pabon (trompette, chanteur, compositeur, arrangeur) qui formera quelques années plus tard l'orchestre « La Protesta ».

30 janvier, 2008

Kompa Direk (No. 1)



Finir ses études, déménager, prendre quelques vacances, chercher un nouveau boulot, voilà ce qui fait pratiquement 6 mois d'absence sur Radiocanalh.

Mais il y a aussi plus de musique dans les tiroirs et sur la toile... Alors pour reprendre le pli on commence avec ce beau mix à écouter sur world passport.